


Devenu au fil du temps une "vénérable institution", le Quintet du trompettiste chanteur Ronald Baker, créé en 1998, n'a jamais cessé — tout en signant une cinquantaine de compositions originales au travers de ses six albums — de clamer haut et fort son indéfectible fidélité à un jazz hard bop aussi jubilatoire que rigoureux.
Puisant inlassablement son inspiration dans ce creuset fécond et constamment enrichi depuis plus d'un demi-siècle par les grands maîtres du genre, Ronald et ses "sidemen" de toujours se sont ainsi réappropriés, pour le meilleur, cette idée « d'une indépendance dans la dépendance » dont ils n'ont jamais eu à rougir. Soit une liberté surveillée acquise de haute lutte ! Une de ces libertés qui vous rend terriblement libres !
De tournées anodines en festivals internationaux prestigieux, de petites salles en clubs renommés, le quintet a su, depuis 12 ans se jouer de tous de tous les pièges, contourner tous les obstacles, tant son désir de servir sa musique était le plus fort et tant il demeure aujourd'hui, comme au premier jour, intact. Magie des instants de concerts, des retrouvailles ! Plaisir intense non dissimulé et non négociable ! Forteresse imprenable que le temps ne parvient pas, fort heureusement, à éroder.
Il faut dire que la vigilance incessante de tous, la générosité comme la sincérité de chacun, le charisme impressionnant du leader imprégné de toute l'histoire du blues, aussi inspiré au chant qu'à la trompette, la bienveillante mais non moins intraitable exigence du directeur musical ont été autant d'atouts qui expliquent cette longévité atypique au nadir de l'éphémère comme du « bougisme » propres aux mondes des jazz.
Puisse ainsi le Quintet de Ronald Baker continuer encore longtemps sa route, pour son plaisir comme pour celui d'un public de plus en plus large.